samedi 28 février 2009

Cauchemar du 22 février: en fait, ça continue

Je crois que je subis quand même quelques effets boomerang de la vidéo du 22 janvier. J'ai pourtant pris mes précautions en envoyant, au cas où (mon cauchemar disait peut-être quelque chose de vrai), ladite vidéo au collègue que je ne veux plus voir depuis ma soutenance de thèse (sans lui dire de la renvoyer à quelqu'un pour échapper à l'éventuelle malédiction, bien entendu). Et j'ai acheté un nouvel ordinateur.

Pour être beau, il est beau, tout en métal argenté brillant. Il est aussi superformant, super rapide, ultra sophistiqué, avec plein de gadgets innovants (on les doit à la recherche de pointe, efficace et immédiatement rentable, menée au sein de l'équipe E317 du CNRS, « Consommer / Ne Rien Savoir »). Le vendeur m'a assuré qu'il était conçu pour moi et que j'allais en mesurer rapidement les incroyables bénéfices.

Le premier incroyable bénéfice m'a sauté au visage quelques jours plus tard. Compte tenu, très certainement, des dépenses pharaoniques qu'il a fallu engager en recherche appliquée pour produire ma nouvelle machine, la boutique qui me l'a fourni a débité mon compte d'un petit mois de mon salaire. Je n'y avais pas vraiment pensé, j'ai de petits besoins (un tube de gloss par-ci, un eye-liner par-là, trois paquets de coton imbibé de solution réhydratante, quelques sachets de fruits secs, beaucoup de vitamine C, et une douzaine de bouquins par semaine, ça n'est pas le Pérou). Mais mon banquier, lui, a vu mon compte s'effondrer comme une PME de sous-traitance automobile un jour de grand vent. Il m'a appelé, et je suis instantanément devenue hypersensible à la notion de pouvoir d'achat : sous prétexte que je m'étais enfin mise au niveau en terme d'investissement productif de long terme, histoire de maintenir mon ranking professionnel dans la grande compétition de la vie, voilà qu'on me parlait de sucrer mon crédit-vernis et mon budget rouge à lèvres !

Comme je plaidais ma cause de feignasse, promettant d'envoyer les photocopies du certificat médical pour mon hypertrichose, le banquier s'est permis de suggérer que, peut-être, d'autres pouvoirs comptaient pour moi plus que le seul pouvoir d'achat, étant donné mon métier. Mon métier, un pouvoir ? Ben, oui, m'a expliqué l'onctueux : vos super-pouvoirs à vous, c'est le pouvoir de penser, de pouvoir de transmettre, le pouvoir d'écrire. C'est quand même plus important que le pouvoir d'achat. Je lui ai recommandé en termes peu amènes d'aller voir à Berkeley si j'y étais (le pouvoir de penser ! et puis quoi, encore ? il veut que je finisse au CNED pour insubordination ?), et j'ai décidé de m'octroyer une petite après-midi hammam / henné pour tâcher de me remettre les chakras en ligne. J'étais troublée. Je venais de découvrir la valeur existentielle du pouvoir d'achat.

En rentrant du hammam, fraîche comme les roses de Ghardaïa au petit matin, j'ai regardé la SurMachine. Désormais, mon pouvoir d'achat, je l'avais devant moi. Quand, tout à coup, je me suis surprise à penser : « au boulot »... Ah, la vache, la trouille. J'ai fait dix minutes d'exercices respiratoires et j'ai dû manger deux paquets de Paille d'Or™ pour me remettre.



(à suivre...)


1 commentaire:

  1. Apprentie-feignasse2 mars 2009 à 14:05

    Merci de me faire travailler mes zygomatiques, entre deux séances de vernissage d'ongles, une séance hammam puis massage et une sieste de plusieurs heures (après une grasse matinée fort longue)
    Ouh la, ai-je employé ce merveilleux verbe banni de mon vocabulaire de thésarde( thésarde: apprentie-feignasse aspirant grosse feignasse)?
    MERCI

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